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Chapitre XII: La Manie Androgyne

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(01) C’est un groupe assez particulier que celui formé par les sujets atteints de manie androgyne. Les personnes atteintes de cette obsession souffrent de l’incompatibilité de leur sexe avec leur psychisme, et elles tentent de transformer leur physique dans le sens de leurs aspirations : elles veulent évoquer l’impression de ne pas appartenir au sexe qui est le leur, et elles se voient, elles-mêmes, autrement qu’elles ne sont faites. Cette manie androgyne peut se présenter à côté d’une vraie androgyne physique, elle peut aussi se trouver sans androgynie.

(02) Les hommes féminins de cette catégorie s’efforcent de supprimer chaque poil qui ne correspond pas au type féminin. Il y a quelques années, certains de ces androgynes ont eu recours même à la dépilation par rayons X dont ils ont eu à déplorer ultérieurement les ravages externes. Par contre, les hommes féminins ne subissent qu’à contre-cœur, l’ « opération » de la coupe des cheveux qu’ils aimeraient voir longs. Les femmes viriles ont, même à l’époque des coiffures compliquées, toujours opté pour la coupe des cheveux et développé,
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quelquefois dans leur tendre enfance, déjà, une vraie haine de leur cheveux longs. Certaines viragos emploient toutes sortes de moyens pour faire pousser la barbe, ou, faute de mieux, aiment se coller une coquette moustache. Beaucoup d’hommes féminins développent une véritable haine vis-à-vis de leur pomme d’Adam, et plus d’un d’entre eux nous a demandé si nous ne pouvions pas supprimer cette proéminence défigurante -@Translator: EC.

(03) Les seins surtout forment l’objet des convoitises de l’androgyne imaginaire. La tendance psychologique de transformer un attribut ressenti comme inadéquat à la personne, se manifeste ici avec une violence particulière. L’homme féminin convoite le sein débordant que la femme virile déteste, et celle-ci convoite la poitrine plate qu’abhorre l’homme efféminé. Plus d’un efféminé a essayé d’injections de paraffine, d’appareils aspirateurs ou de cures cosmétiques pour obtenir « une belle poitrine ». La femme virile, au contraire, conçoit souvent une telle horreur de ses seins, qu’elle finit par s’adresser à un chirurgien pour lui demander de les supprimer.

(04) La taille ne joue pas un rôle moindre dans la manie androgyne. La taille fine est appréciée par les effiminés qui, souvent, se serrent dans un corset, instrument abhorré par les femmes viriles.

(05) La manie androgyne s’étend jusqu’aux parties génitales. Nous avons souvent rencontré, chez des hommes féminins, le désir de se faire castrer. Des femmes viriles d’autre part, s’attachent souvent, quand elles portent le costume masculin, un membre artificiel pour compléter l’illusion qui leur est agréable.

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(06) Mais la manie androgyne va plus loin ; elle peut devenir obsession pathologique. Les sujets atteints de cette obsession androgyne croient que leur corps présente réellement des signes de l’autre sexe sans qu’il y en ait trace. Il y a là quelquefois des fantaisies spontanées agréables au sujet, quelquefois des sensations organiques qui portent à peu près le caractère des manies hypocondriaques, avec la différence qu’ici l’imagination sexuelle est source de plaisir. Voilà un malade qui nous montre avec fierté son muscle pectoral comme sein féminin ; voilà un autre qui se vante de sa silhouette de femme qu’il ne possède pourtant nullement. Un travesti anglais très efféminé ne prétendait-il pas constater très nettement qu’un « little split » — une petite fente — se formait dans son scrotum.

(07) Nous verrons par le cas suivant jusqu’à quel point un sujet peut être obsédé par une idée — la gynécomastie — qui résume sa féminité. Le sujet, déjà bien féminin pendant son enfance, constate, à l’âge de dix-sept ans, la formation des seins qu’il décrit, dans ses lettres, comme pleins, ronds et beaux. Il n’a jamais constaté de secrétion lactée et n’a pu, à son regret, en obtenir par des essais d’allaitement.

(08) Agé de quarante ans, le sujet a un instinct sexuel assez faible et n’a jamais pratiqué ni coït ni masturbation. Il serait plutôt porté vers la femme ; la condition première de tout attrait féminin est pour lui une belle poitrine. Il est lié, d’une sorte d’amitié érotique, à une jeune fille. Les soins et l’admiration mutuelle des seins est l’élément principal de cette étrange amitié. Il considère
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cette amie comme homosexuelle et croit qu’elle l’aime, lui, pour ses qualités de femme.

(09) Il porte corset et soutien-gorge, voudrait être complètement femme, adore ses seins et maudit ses organes génitaux. Il écrit avoir essayé de se castrer lui-même, mais s’est arrêté au premier sang versé lors de l’incision du scrotum.

(10) « Souvent », écrit-il, « mes mains se promènent, au réveil, sur les rondeurs délicieuses de mes seins et je me demande si c’est là un rêve ou la réalité. Laver et masser mon sein est un de mes plus grands plaisirs ». Il a donné des noms à ses seins : le sein droit s’appelle Frieda, le sein gauche Elvire ! « Mes seins de femme, les chéries adorées Friede et Elvire, règnent dans la maison, » écrit-il. « Mes efforts de rendre à mes seins leur forme initiale dans laquelle ils se supportaient tous seuls, ont échoué. Probablement, j’ai déjà dépassé le printemps de mes seins, et dois, comme toutes les femmes, me faire à l’idée de perdre mes belles formes avec l’âge. Ma poitrine s’alourdit et pend ».

(11) « Si je pouvais, une seule fois, goûter le plaisir sexuel de la femme. Si je pouvais, une seule fois, avoir une menstruation pour éprouver toutes les sensations d’un bout a l’autre. Si je pouvais, une fois, une seule fois, éprouver les joies maternelles depuis la grossesse jusqu’à la délivrance. Ce qui me pèse, c’est les signes sexuels masculins de mon corps. Etre nourrice serait la plus grande joie de ma vie ».

(12) Enfin, son vœu est exaucé. Il nous écrit qu’une femme lui a confié son nouveau-né à élever : « Nous sommes
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très intrigués de voir s’il y aura du lait », écrit-il. Mais les nouvelles suivantes son insatisfaisantes. Enfin, il écrit : « Il n’y a pas eu de lait. Et pourtant, ces vingt-sept jours ont été pour moi le comble de bonheur féminin. L’excitation de l’allaitement était si forte que j’ai du enlever l’enfant du sein pour quelque temps. En état de veille, j’ai eu plusieurs fois des pertes séminales pendant l’allaitement. C’est peut-être mon âge qui est la cause du résultat négatif de ces essais. S’il y avait eu du lait, je me serais donné avec joie comme nourrice à l’enfant pour quelques mois. Toute mon âme se révolte contre ma masculinité et soupire après la libération de ces liens, et mon corps me montre tous les jours, par mes seins de femme, des voies plus séduisantes. »

(13) Le sujet se refusant obstinément à tout examen médical et ne communiquant avec nous que par lettres, nous n’avons jamais pu vérifier si sa gynécomastie existait réellement ou bien si les « chéries adorées Frieda et Elvire » n’étaient que le produit imaginaire de son obsession androgyne.

(14) Mais le cas classique de manie androgyne est bien celui du peintre Ejnar WegenerEinar Magnus Andreas Wegener (b. 1882), a Danish painter; married to Gerda Wegener; died as Lili Elbe in Dresden, 1931, bien connu à ParisParis (historical), capital of France. WegenerEinar Magnus Andreas Wegener (b. 1882), a Danish painter; married to Gerda Wegener; died as Lili Elbe in Dresden, 1931 a publié, sous son nom de femme, Lily ElbeLili Elbe (fictional and historical), legal name Lili Ilse Elvenes; born Einar Wegener (1882), died in Dresden, 1931, sa biographie « Un homme change de sexe » — livre malheureusement trop subjectif pour pouvoir nous éclairer.

(15) Enfant plutôt féminin, selon ses souvenirs, WegenerEinar Magnus Andreas Wegener (b. 1882), a Danish painter; married to Gerda Wegener; died as Lili Elbe in Dresden, 1931 s’est pourtant développé normalement. Porté vers la femme, il a épousé une femme-peintre, Gerda WegenerGerda Maria Frederikke Gottlieb Wegener (1885-1940), an art deco painter and illustrator; married to Einar Wegener. C’est en posant pour sa femme comme modèle féminin
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qu’il veut avoir découvert le bien-être que lui procurait le travesti. Il décrit ensuite, comment ce second Moi, baptisé LilyLili Elbe (fictional and historical), legal name Lili Ilse Elvenes; born Einar Wegener (1882), died in Dresden, 1931 par une amie, prenait forme et comment l’artiste s’habituait de plus en plus à jouer ce rôle. La transformation aurait été si complète que ses propres parents n’auraient pas reconnu en Lily ElbeLili Elbe (fictional and historical), legal name Lili Ilse Elvenes; born Einar Wegener (1882), died in Dresden, 1931 leur fils.

(16) Peu à peu, WegenerEinar Magnus Andreas Wegener (b. 1882), a Danish painter; married to Gerda Wegener; died as Lili Elbe in Dresden, 1931 aurait, par la suite, observé des modifications de son physique, sa silhouette serait devenue plus féminine, sa nature plus humble ; il veut aussi avoir observé d’étranges saignements périodiques du nez. Sa femme aurait constaté ces faits également. « Je parvins ainsi », écrit-il, « à former l’opinion que j’étais homme et femme en même temps et que la femme dans mon corps prenait le dessus ». Des dépressions allant jusqu’à l’idée du suicide en sont la suite.

(17) Un médecin allemand, de passage à ParisParis (historical), capital of France, consent à transformer WegenerEinar Magnus Andreas Wegener (b. 1882), a Danish painter; married to Gerda Wegener; died as Lili Elbe in Dresden, 1931 en femme par une intervention chirurgicale. Nous avons pu voir W a e generEinar Magnus Andreas Wegener (b. 1882), a Danish painter; married to Gerda Wegener; died as Lili Elbe in Dresden, 1931 à notre Institut de BerlinInstitute for Psychiatry (fictional), modeled on the Institut Für Sexualwissenschaft (Institute for Sexual Science) in Berlin, founded by Magnus Hirschfeld in 1919; Einar Wegener was initially examined there avant l’opération : Très féminin dans son habitus et surtout dans ses mouvements, le sujet ne présentait pourtant pas la moindre trace d’hermaphroditisme somatique, ni même d’androgynie prononcée.

(18) Devenu officiellement LilyLili Elbe (fictional and historical), legal name Lili Ilse Elvenes; born Einar Wegener (1882), died in Dresden, 1931, il décrit les différentes opérations qu’il a successivement subies : d’abord la castration, ensuite l’amputation du pénis, enfin une transplantation d’ovaires. Nous ne pouvons guère contrôler son affirmation qu’on ait trouvé, lors de l’intervention, des restes d’ovaires.

(19) L’instinct sexuel, dirigé avant l’opération uniquement
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vers la femme — WegenerEinar Magnus Andreas Wegener (b. 1882), a Danish painter; married to Gerda Wegener; died as Lili Elbe in Dresden, 1931 se défend avec indignation contre le soupçon de l’homosexualité — devient, après l’intervention, féminin au point que Lily ElbeLili Elbe (fictional and historical), legal name Lili Ilse Elvenes; born Einar Wegener (1882), died in Dresden, 1931 envisageait le mariage avec un ami et voulait même devenir mère. Sa mort, survenue peu après, n’était pas due à l’opération, mais au cancer.

(20) Le cas de Lily ElbeLili Elbe (fictional and historical), legal name Lili Ilse Elvenes; born Einar Wegener (1882), died in Dresden, 1931 rappelle d’ailleurs beaucoup trois autres cas de transvestitisme à poussée androgyne. Le désir de devenir femme était tellement fort dans ces cas que les trois sujets, indépendamment l’un de l’autre, se sont d’abord fait castrer et ont ensuite subi l’ablation du pénis — tout cela pour supprimer les traces de leur virilité. Enfin, ils se sont fait poser un vagin artificiel, constitué par une rentrée de la peau du scrotum. Quoique ce vagin ne pût guère assumer les fonctions organiques d’un vrai organe féminin, l’effet moral de cette dernière transformation était surprenant : d’hommes inquiets et malheureux qu’ils avaient été auparavant, les malades sont devenus des femmes calmes et contentes.

Translation

Chapter XII: The Androgynous Mania

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(01) Subjects afflicted with androgyne mania form a most particular group. Persons afflicted with this obsession suffer from the incompatibility of their sex with their psyche, and they attempt to transform their physique to conform to their aspirations. They wish to evoke the impression of not belonging to their sex, and they see themselves other than how they are made. This androgyne mania can exhibit itself in a true physical androgyne, it can also be found without androgyny.

(02) Feminine men in this category endeavor to suppress every last hair not corresponding to the feminine type. Several years ago some of these androgynes actually resorted to depilation by X-rays, which caused deplorable external ravages. On the other hand, feminine men resist having “the operation” of cutting their hair, which they preferred to see long. Virile women, even in the age of complicated coiffures, always opted for haircuts and sometimes, already in very early childhood, developed a strong hatred of their long hair.
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Certain viragos use all sorts of means to grow a beard, or, failing that, like to glue on a stylish moustache. Many feminine men develop a true hatred of their Adam’s apple, and more than one has asked if we couldn’t remove the disfiguring protuberance.

(03) Breasts especially are an object of envy of the imaginary androgyne. The psychological tendency to transform a quality that is resented because it is deemed unsuitable manifests itself here with particular violence. The feminine man envies the abundant breasts that the virile woman detests; she envies the flat chest that the feminine man abhors. More than one effeminate man has tried paraffin injections, vacuum devices or cosmetic surgery to obtain a “beautiful bosom.” The virile woman, on the other hand, develops such a horror of her breasts that she finally consults a surgeon to request that they be removed.

(04) The waist plays no less a role in androgyne mania. A delicate waist is appreciated by effeminate men who often squeeze it tightly with a corset, an instrument hated by virile women.

(05) Androgyne mania extends to the genitals. We have often come across, in feminine men, the desire to be castrated. For their part, virile women, when wearing masculine garb, often attach an artificial member to complete the illusion that they so enjoy.

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(06) But androgyne mania goes even further; it can become a pathological obsession. The subjects afflicted by this androgyne obsession believe that their bodies show real signs of the other sex when there is no trace of any. There are in these cases spontaneous fantasies, sometimes organic sensations, that the subject enjoys; similar to hypochondriac manias, with the difference that in this case the sexual imagination is a source of pleasure. One patient proudly shows us his pectoral muscle as a woman’s breast; another boasts of a feminine silhouette that he clearly does not possess. A feminine transvestite patently claimed that “a little split” was forming in his scrotum.

(07) We will see in the next case to what degree a subject can be obsessed by an idea – gynecomastia – that sums up his femininity. The subject, already very feminine during his childhood, notes, at seventeen years of age, the formation of breasts that he describes in his correspondence, as full, round and beautiful. He never notes any milky secretion and has been unable, much to his regret, to succeed in causing any through attempts at nursing.

(08) At the age of forty, the subject has a weak sex drive and has never engaged in coitus or masturbation. He is mainly drawn to women; the necessary attraction for him being a beautiful bosom. He is in a relationship, a sort of erotic friendship, with a young woman. The care and mutual admiration of breasts is the principle element of this strange friendship. He considers
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this friend to be homosexual and believes that she loves him for his feminine qualities.

(09) He wears a corset and a bra, would like to be a complete woman, adores his breasts, and curses his genitals. He writes that he has tried to castrate himself, but stopped at the first sign of blood at the site of the scrotum incision.

(10) Often,” he writes, “upon waking, my hands wander over the delicious roundness of my breasts and I wonder if it’s a dream or a reality. To wash and massage my breast is one of my greatest pleasures.” He has named his breasts: the right one is called Friede, the left one Elvire! “My woman’s breasts, the adored Friede and Elvie, rule in my home,” he writes. “My efforts to return my breasts to their original form when they held themselves up, have failed. I have probably already passed the Spring of my breasts, and must, like all woman, get used to the idea of losing their beautiful form with age. My bosom is getting heavy and is sagging.”

(11) “If I could, only one time, taste a woman’s sexual pleasure. If I could, only one time, menstruate and experience all the sensations from beginning to end. If I could, one time, only one time, experience maternal joy from pregnancy to giving birth. What weigh me down are the sexual signs of my body’s masculinity. To nurse an infant would be the greatest joy of my life.”

(12) Finally, his wish is granted. He writes that a woman has given him her newborn to nurse: “We are very curious to see if there will be milk,” he writes.
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But the news is not good. Finally, he writes: “There was no milk. However, these twenty six days were for me the height of feminine happiness. The excitement of nursing was so strong that I had to take the infant off of my breast for a while. In a state of anticipation, I experience seminal secretions several times while nursing. Perhaps the negative result of these attempts is due to my age. If there had been milk, I would have had the joy of nursing the child for several months. My entire soul rebels against my masculinity and yearns to be freed from its bonds, and every day my body reveals to me through my woman’s breasts, more attractive ways of life.”

(13) The subject refusing to undergo a medical examination, and communicating with us only through letters, we were never able to verify that his gynecomastia really existed, or if the adored Friede and Elvire were only the imaginary product of his androgyne obsession.

(14) But the classic case of androgyne mania is that of the painter Ejnar WegenerEinar Magnus Andreas Wegener (b. 1882), a Danish painter; married to Gerda Wegener; died as Lili Elbe in Dresden, 1931, well known in ParisParis (historical), capital of France. WegenerEinar Magnus Andreas Wegener (b. 1882), a Danish painter; married to Gerda Wegener; died as Lili Elbe in Dresden, 1931 published, under his female name, Lily ElbeLili Elbe (fictional and historical), legal name Lili Ilse Elvenes; born Einar Wegener (1882), died in Dresden, 1931, his biography, A man changes his sex –a book unfortunately too subjective to help enlighten us.

(15) Rather feminine as a child, according to his recollection, WegenerEinar Magnus Andreas Wegener (b. 1882), a Danish painter; married to Gerda Wegener; died as Lili Elbe in Dresden, 1931 however developed normally. Drawn to women, he married a woman painter, Gerda WegenerGerda Maria Frederikke Gottlieb Wegener (1885-1940), an art deco painter and illustrator; married to Einar Wegener. It is while posing for his wife as a feminine model that he claims to have discovered the well-being afforded him by cross-dressing.
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He later describes how his second “Me,” baptized LilyLili Elbe (fictional and historical), legal name Lili Ilse Elvenes; born Einar Wegener (1882), died in Dresden, 1931 by a friend, took form and how the artist got into the habit of playing this role more and more often. The transformation was so complete that his own parents did not recognize Lily ElbeLili Elbe (fictional and historical), legal name Lili Ilse Elvenes; born Einar Wegener (1882), died in Dresden, 1931 as their son.

(16) Little by little, WegenerEinar Magnus Andreas Wegener (b. 1882), a Danish painter; married to Gerda Wegener; died as Lili Elbe in Dresden, 1931, after some time, noticed modifications of his physique, his silhouette became more feminine, his nature more humble; he claims also to have observed strange periodic bleeding from his nose. His wife also noted these facts. “I came to form the opinion,” he writes, “that I was both man and woman at the same time and that the woman in my body was getting the upper hand.” Depression, going as far as the idea of suicide, followed.

(17) A German doctor, passing through ParisParis (historical), capital of France, consented to transform WegenerEinar Magnus Andreas Wegener (b. 1882), a Danish painter; married to Gerda Wegener; died as Lili Elbe in Dresden, 1931 into a woman by surgery. We saw WegenerEinar Magnus Andreas Wegener (b. 1882), a Danish painter; married to Gerda Wegener; died as Lili Elbe in Dresden, 1931 at our Institute in BerlinBerlin (historical), capital of Germany prior to the operation: Very feminine in his demeanor, and especially in his movements, the subject presented, however, not a trace of physical hermaphroditism, not even pronounced androgyny.

(18) Having officially become LilyLili Elbe (fictional and historical), legal name Lili Ilse Elvenes; born Einar Wegener (1882), died in Dresden, 1931, he describes the different operations that he underwent successively: first, castration, then amputation of the penis, and finally the transplantation of ovaries. We were barely able to confirm, during the surgery, the remains of ovaries.

(19) His sexual instinct, directed exclusively towards women before the operation – WegnerEinar Magnus Andreas Wegener (b. 1882), a Danish painter; married to Gerda Wegener; died as Lili Elbe in Dresden, 1931 indignantly defended himself against suspicion of homosexuality – became, after the surgery, feminine to the point that LilyLili Elbe (fictional and historical), legal name Lili Ilse Elvenes; born Einar Wegener (1882), died in Dresden, 1931 envisioned marrying a male friend and even wished to become a mother. Her death, which followed soon after, was not due to the operation, but to cancer.

(20) The case of Lily ElbeLili Elbe (fictional and historical), legal name Lili Ilse Elvenes; born Einar Wegener (1882), died in Dresden, 1931 strongly evokes three other cases of transvestism driven by androgyny. The desire to become a woman was so strong in these cases that the three subjects independent of one another first had themselves castrated, followed by the removal of the penis – all in order to suppress the traces of their virility. Finally, they had an artificial vagina constructed by tucking the skin of the scrotum inside. Although this vagina could hardly perform the organic functions of a real female organ, the psychological effect of this final transformation was surprising: what had previously been anxious and unhappy men became calm and content women.